Et autour, tout le monde riait.

Au hasard d’un passage sur Facebook, je suis tombée sur le partage d’un article expliquant l’évolution des moeurs quant aux agressions sexuelles à la télévision.
 
En exemples : le dernier cas en date de la journaliste « embêtée » (on va dire ça…) par le tennisman français Maxime Hamou et le cas à l’époque complètement ignoré de Florence Foresti et Cécile de Ménibus par Rocco Siffredi.
 
Je suis complètement maso mais en plus d’avoir lu l’article, j’ai aussi pris le temps de regarder les extraits.
 
Comment a t’on pu ignorer ?
 

Je me demande comment on a pu réussir, à l’époque, à trouver ça drôle (et comment certains peuvent encore continuer à le penser).
 
Je précise que je n’ai jamais regardé « Cauet » (ou Hanouna aujourd’hui), j’ai tenté à l’époque, pour faire comme tout le monde mais… Je n’ai jamais accroché. Néanmoins je comprends bien que ça ai pu plaire, pour plein de raisons. Il n’empêche que si plein de choses peuvent faire rire, je ne vois pas en quoi « organiser » (en plaçant cet invité gênant entre les deux femmes du plateau et en l’y encourageant) une agression soit risible.


Donc j’ai regardé. Et je suis restée interdite.
 
A un moment, après que l’autre gros naze de Siffredi ai mis Cécile de Ménibus dans une position « délicate » pour tirer sur son string, c’est le premier gros naze Cauet que l’on entend lui dire « t’as les larmes aux yeux alors qu’il t’a rien fait ! ».
 
Comme si c’était sa faute. Elle, la petite nature.

C’est vrai quoi, c’est quoi ces manières de chouiner quand on utilise la force pour nous plaquer contre une table et exhiber nos dessous à qui veut les voir tandis qu’on supplie et agite les bras en exprimant bien le refus ?

Effrayées, elles tentent de les repousser, et tout le monde rigole.

 
Et je n’ai même pas envie de parler de leurs réactions à chacune, poussant l’agresseur à s’intéresser à l’autre, n’importe qui, pourvu que ce ne soit pas elles. Un réflexe de survie qui prouve bien à quel point elles étaient mal à l’aise, prises au piège, affolées, seules.
 

Et autour, tout le monde riait.
 

J’ai passé 15 ans de ma vie (environ) à entendre les gens me dire « oooh ça vaaaa, c’était rieeeen », quand, comme elles, j’ai eu les yeux brillants de larmes, ou le visage fermé à tenter de les ravaler, après qu’on m’aie (discrètement ou non) touché quelque partie de mon corps, ou fait une remarque dessus.

C’est vrai quoi, quelle petite nature de ne pas apprécier qu’on utilise mon être pour son bon plaisir !
 
Je me sens mal. Mal pour elles. Mal pour moi. Mal pour toutes celles qui subissent, ont subi.

 
 
Mais aussi, quelque part, je suis contente, car ça veut dire que j’ai évolué, que je ne trouve plus tout ça normal, que j’ai appris à reconnaître les signes d’un malaise, d’un refus.
 
Et parce qu’aujourd’hui, nous sommes nombreux/ses à ne plus les ignorer.

 

nein
 
 

L’article qui m’a titillé les épines : Agressions sexuelles à la télé : on a quand même avancé en 10 ans.

4 Comments

  1. A ça il faut ajouter le harcèlement quotidien des anonymes dans la rue. Cette volonté aussi de vouloir toujours mettre les filles en couple et de leur dicter ce qui est bien ou non pour elle. Minimiser les agressions ou entendre un psy te dire aux urgences après des violences de ton compagnon que c’est toi qui aime ce genre de relations…
    La police qui enregistre la plainte mais ne cherche pas l’agresseur.
    Culpabiliser la femme à outrance et lui faire croire que la grande question c’est ce qu’elle porte: « pas de voile, on est dans un pays où la femme est libre » (mais pas de porter ce qu’elle veut), « pas de mini-jupes sinon faudra pas de te plaindre de te faire agresser. »
    Et récemment, au CFA, en sortie, dans le bus mes voisins posent leurs mains sur mes cuisses: « Pourquoi tu ne mets pas des jupes, ça serait plus agréable? » Parce que ta main est déjà bien trop dans ma zone de confort…
    Et les hommes rient…

    1. Fugu Fugu

      Oui, il y a « tout le reste », toutes ces agressions physiques ou verbales d’anonymes (ou non) qui « ne voient pas le mal » à voir le corps des femmes comme des objets de plaisir et convoitise…

      « Pourquoi tu mets pas une jupe ? » « Parce que ça réduirait considérablement la distance entre ma main et ta tronche si tu me touchais ». (Non en vrai je pense que je ne pourrais rien dire, même si je travaille à justement réussir à passer outre mes blocages).

      Hmpf… Heureusement, comme je disais, que de plus en plus on s’en rend compte, et on réagit (même si souvent à retardement).

      Un jour ce ne sera plus normal !

      1. Le soucis c’est que j’ai l’impression qu’on est passé d’un « c’est pas normal » (la femme on ne la touchait pas avant) à un « arrête de jouer les vierges effarouchées »… La prochaine étape c’est quoi? :/
        Pareil, au CFA j’en ai un qui a une vision très réductrice: sa femme ne devra pas manger de fromage, pas sortir, pas parler à d’autres personnes, enfanter, et être intelligente (si possible vierge alors que lui va lever en boite)… WTF?

        1. Fugu Fugu

          Je pense qu’on a jamais vraiment estimé la femme, et que si elle n’avait pas une « valeur » (fille de noble, riche, héro… gnagna) on la touchait quand même malheureusement…

          Seulement aujourd’hui on s’en rend plus compte, ne fut-ce que parce que les femmes sortent plus librement, elles n’ont plus de chaperon. Aussi, on en est plus à se dire que « si il m’a fait une remarque/m’a touchée, c’est de ma faute ». (Enfin du moins, on ne devrait pas).

          Mais c’est affolant de voir qu’à notre époque, encore beaucoup d’hommes idéalisent la « vierge soumise »… Ca m’horripile ! Il est temps que les mentalités évoluent !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *