La délicatesse de la Libellule

Hier soir, claquée dès 21h et en solitaire pour la semaine, j’avais très hâte d’aller me coucher (sans arrière pensée ma sardine, je te vois venir avec tes gros sabots salaces !).

 

C’était sans compter sur mes félins félons qui ont trouvé toutes les astuces pour éviter leur mise en chambre (oui, mes chats ont une pièce dédiée afin que la nuit, on puisse dormir, elle est tout confort).

 

 

Bref, c’est comme ça qu’à 22h30 je suis revenue sur le PC et Facebook pour répondre à une copine et que j’ai vu apparaître le nom d’une autre, qui avait plus ou moins disparu de la circulation depuis un moment.

 

Ma copine la Libellule.

 
 

C’est un nom d’emprunt (Noooon ?)

 
 

J’ai cliqué sur « envoyer un message » sans trop savoir pourquoi,juste histoire de prendre de ses nouvelles, ce qui se résume généralement à « ça va, merci » et une déconnexion dans la foulée.

 

 
On s’est dit « au revoir » il était (bien) passé minuit.

 
 

Je ne m’attendais pas à ce qu’elle se livre, et d’ailleurs, comme moi, elle a commencé par raconter des bêtises, rire (jaune) du peu de choses de sa vie qu’elle daignait dévoiler.

 

L’auto-dérision comme force et bouclier brandit.

 

Mais je sentais qu’il y avait quelque chose.

 

 

Je l’ai laissée venir, doucement. Limite si je ne me faisais pas l’effet de vouloir approcher un oiseau (oui bon, une libellule) sans le voir s’envoler.

 

 

J’ai appris qu’elle avait vécu des déboires encore pires que les miens sur les mêmes groupes FB (l’un de ceux auxquels je fais référence dans ce billet, justement).

 
 

Qu’elle avait accordé sa confiance totale à celles qui brillaient le plus, pour ensuite être détruite.

 

Broyée. Lynchée en place publique, la pauvre Libellule.

 

 

 

 

J’ai comparé ça aux ampoules et aux papillons, ça l’a fait rire. Moi aussi, surtout quand je me suis mise à imaginer les nanas avec des têtes en forme d’ampoules (mais ça, je n’ai pas osé le lui raconter, elle aurait pu croire que je n’avais pas la lumière à tous les étages *dzim bam dûm ♪♫*).

 

 

Cela étant, c’est quand même curieux comme on se sent toujours attiré par les gens qui brillent le plus (et qui pourtant ne s’intéressent jamais à nous, petits êtres insignifiants)… Ceux sur qui on finit bien souvent par s’y brûler les ailes.

 
(Et là je réalise que le problème vient surement aussi de là, notre sentiment d’être inférieur, pas assez bien, de ne pas mériter qu’on s’intéresse à nous).

 

 

Je dois avouer que moi, je me méfiais de ces gens là (enfin, de celles dont il est question dans nos échanges, parce que des déboires du genre, j’en ai connu pas mal par ailleurs), mais je n’ai pas eu le coeur de le lui faire remarquer.

 

Ca n’aurait rien changé, et ça lui aurait juste fait croire que je la trouvais naïve.Elle se disait déjà bien assez l’être sans que j’agite le couteau dans la plaie.

 
 

Elle a aussi légèrement survolé sa vie, ses problèmes de santé, son mec qui n’en fiche pas une.

 

Je me suis bien gardée de critiquer (en même temps, quel droit aurais-je à le faire ?), je sais à quel point c’est plus compliqué que ça en a l’air, que des fois on a juste besoin de lâcher la pression. Et de la pression, elle en avait déjà bien assez (mais pas la bière, zut).

 

 

Je ne l’ai pas forcée, mais j’ai un peu insisté, doucement, pour la faire parler, pour qu’elle crève un peu de son abcès.

 

Parce que je voulais comprendre, que je m’inquiétais pour elle.

 
 

J’ai aussi, pour une fois, osé exprimer un peu de moi. Dévoiler des parties de ma vie, de mon mental, que je cache en général (sauf quand je te parle sous l’avatar du Fugu-qui-pique).

 

 

On a toutes deux fait le même constat sur la vie, sur l’amitié « adulte » qu’on peine à garder, à nouer. Sur notre sensation de solitude.

 

 

 

 

En fait on aurait été face à face, autour d’une table et une bonne bière (je t’ai déjà dit que j’avais un coté monomaniaque et un peu alcoolo ?) à la main, ça aurait été la soirée idéale.

 

 

Je voulais aller me coucher tôt, on s’est quittées bien après minuit, et à peine quelques heures avant qu’elle ne se lève pour partir bosser. Mais ça la rendait heureuse.

 

 

Elle m’a remerciée de lui avoir posé sincèrement la question de comment elle allait.

 
 
Je n’ai jamais compris qu’on pouvait la poser pour une autre raison que de vraiment vouloir savoir, même si des fois la conversation ne reste pas mono-centrée.

 

 

A bien passé minuit, je suis montée me coucher avec un sourire aux lèvres (il n’aura pas duré, la tempête ayant frappé cette nuit…)

 

 

Aujourd’hui j’ai des cernes (plus que d’habitude s’entend), mais je suis ravie.

 

J’ai la sensation d’avoir réussi quelque chose.

 
D’avoir à la fois « touché » ma Libellule, mais aussi d’avoir été là au moment où elle en avait besoin. Où elle se laissait un peu sombrer.

 

Comme une amie, ce qu’elle m’a dit que je suis (et pour une fois, je l’ai crue).

 

 

C’est ballot, encore une fois je tombe sur quelqu’un de sincère, encore une fois elle vit à l’autre bout de la France.

 

 

Je vais finir par y déménager, adieu Montagnes et Mont-Blanc, bonjour Amitiés et Océan !

 


 

 

 

Et toi ma sardine, ça va comment les amitiés ? Tu arrives facilement à te dévoiler, ou tu es comme la Libellule et moi, plutôt difficile à cerner ?

 

 

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2 Comments

  1. Avatar Ax-L

    Tu es une belle personne <3

    J'ai du mal à me dévoiler, il faut que je sois en confiance et encore, souvent la personne en face doit me tirer les vers du nez ;-). Je me rends compte que je suis plus de celles qui écoutent que de celles qu'on écoute.

    1. Fugu Fugu

      Oh c’est gentil ! ♥ Je ne sais pas si j’en suis vraiment une, j’essaie juste d’être celle que j’aimerais avoir en face de moi. 🙂

      Ce n’est pas trop dur pour toi d’être ainsi ? Je veux dire, tu arrives à bien le vivre ? Enfin je pense qu’on peut réussir à bien vivre ainsi aussi, c’est juste que c’est plus difficile (je pense) d’avoir une vie sociale épanouissante… mais ça dépend aussi de notre entourage (forcé ou non). 🙂

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