Une seule Règle : Ne pas en parler

Hello ma sardine à l’huile, ça fait un paquet de temps que je voulais revenir te faire un coucou par ici, mais bon, tu sais ce que c’est, on remet à plus tard, puis à plus tard, et finalement on le fait jamais.
 

C’est pas la première fois que je reprends les rennes de mon île, pour finalement la reperdre de vue au premier courant de la vie venu (j’ai l’impression d’être un petit radeau qui se balade sur le grand océan de la vie, c’est à la fois mignon et très troublant).

 

Bref, aujourd’hui je reviens avec un sujet qui me tarabuste suffisamment pour que j’aie envie de le partager avec toi, surtout si tu es pourvu(e) d’ovaires. Parce qu’on va parler d’un truc que quasiment toute la population genrée « féminin » connait, a connu ou connaîtra dans sa vie : les rouges, l’arrivée des soviétiques, les ragagnas, les reuuhreuuh, la mer rouge… Et tout ces petits noms dont on les affubles : je vais parler de REGLES. Voilà, c’est dit. (Et j’ai même pas pris feu spontanément en utilisant ce mot, c’est fou).

 

Ne t’inquiète pas mon petit anchois, on ne va pas entrer dans les détails gores (enfin pas trop).
 

Alors cette intro mériterait déjà un billet à elle toute seule, du coup je vais tenter de faire court et p’tête bien que je reviendrai sur le pourquoi, le comment, le reste et le tout ça, quand j’aurai du temps (et pas autre chose à te raconter, ma vie est fascinante surtout quand elle se passe avec un chat sur les genoux).
 

 
Les règles, donc. Enfin les « vraies » règles, celles qu’on se tape quand on prend plus de produits chimiques. Celles que je (re)découvre en ce moment.

Et en plus ça tombe bien vu toute la polémique qui tourne autour d’une certaines pubs pour des produits féminins…

 

Je vais t'épargner des photos sanguinolentes ma sardine, on va plutôt partir sur des photos que je trouve jolies, hein, t'en dis quoi ?
Je vais t’épargner des photos sanguinolentes ma sardine, on va plutôt partir sur des photos que je trouve jolies, hein, t’en dis quoi ?

 
 

J’ai beau savoir que c’est naturel, qu’on a pas à en avoir honte, j’ai un rapport très conflictuel avec mes règles (et pour la raison que je vais développer plus loin, mais c’est marrant, j’avais d’abord écrit en lapsus « ma mère », qui n’est pas sans rapport du tout avec la suite).

 

J’ai déjà par le passé mis ma pilule en pause, mais à l’époque j’étais sous l’emprise d’un pervers narcissique, maltraitée et agressée régulièrement, et je crois que mon corps avait alors « bloqué » tout ça. Je n’avais quasiment aucun flux, et malgré 4 ans de tentatives, aucun bébé en vue (et heureusement !).

 

Mais de les avoir aujourd’hui de manière « épanouie » fait remonter à la surface des souvenirs enfouis, et beaucoup de honte que j’ai honte d’avoir.
 

Chaque fois que je me rends aux toilettes, ou que je me change, ou encore que je sens la serviette sous moi, j’ai des flashs de mon adolescence qui me reviennent.

 

Les commentaires désagréables de ma mère, la peur de tâcher mes draps, la honte de devoir avouer que j’avais « encore fait la truie et tout sal*pé, que je n’avais pas su me retenir ».

 

J'ai envie de faire une blague par rapport aux pubs pour les serviettes hygiéniques, mais je vais m'abstenir, je te laisse te faire ta propre légende (et puis la photo est belle :o) )
J’ai envie de faire une blague par rapport aux pubs pour les serviettes hygiéniques, mais je vais m’abstenir, je te laisse te faire ta propre légende (et puis la photo est belle :o) )

 

Je me souviens de mon père qui, un jour où il était bien rond, a pour une raison mystérieuse regardé dans la poubelle des toilettes où on jetait nos serviettes, et où il est entré dans une colère noire, nous insultant ma soeur et moi d’avoir la honte en nous et d’oser souiller sa maison avec ça, au lieu d’aller les jeter dans un endroit où ses yeux n’auraient pas pu tomber dessus.
Ma mère nous avait dit alors qu’on pourrait effectivement faire l’effort de les jeter ailleurs, alors qu’elle-même les jetait là. #LaLogique

 

Je me souviens également de cette prof qui m’avait engue*lée, lors de mes premières règles, car j’avais tellement mal au ventre que je ne pouvais rien faire d’autre que pleurer et me tenir pliée en deux. J’ai séché l’heure d’études à la fin de la classe pour rentrer plus vite tellement j’étais mal. Je me souviens du regard de la prof, agacé et en même temps étrange, que je reconnais aujourd’hui comme un « et m***e, elle a ses règles et j’ai pas envie d’être celle qui le lui expliquera » (merci du coup de m’avoir laissée rentrer chez moi avec le pantalon rose pâle couvert de sang, ce que je n’avais pas vu forcément, et qui marqua la fin de ma vie de petite-fille-qui-s’habille-en-couleurs-pâles).

 

Je me souviens du soupir de ma mère, en mode « et m***e, j’avais pas envie de causer de ça ».

 

Je me souviens de ma grande soeur, que ma mère avait appelée à la rescousse, qui m’a jeté un paquet de « Nana » à la figure en ajoutant, hilare : « Tiens, tu en auras besoin pour le reste de ta vie ! » (La douceur n’était pas inclue dans le pack « Amour Familial » chez nous, j’aurais du mieux lire les petits caractères du contrat avant de naître).

 

Je me souviens avoir demandé à ma mère comment on posait une serviette, de sa gêne et de son « tu déplies et tu te débrouilles » en me la lançant sur le lit à moitié déballée (en mode « cette serviette me brûle les mains ! ») et avant qu’elle ne sorte de ma chambre en claquant la porte.

 

Je me souviens des cris de ma mère et ma soeur quand elles ont su que je l’avais dit à des copines du quartier, ne comprenant pas que c’était « mal » et « honteux » d’en parler, qu’il fallait cacher ça à tout prix.

 
 

J’avais 11 ans, j’en ai 35, j’ai l’impression d’être encore un peu cette petite fille.

 
 

N'insiste pas, je ne blaguerai pas sur le rapport entre la pâquerette et la jeune fille en fleur que j'étais alors.
N’insiste pas, je ne blaguerai pas sur le rapport entre la pâquerette et la jeune fille en fleur que j’étais alors.

 
 

Oui, tout ça fait remonter beaucoup de souvenirs, et beaucoup de violence. Et j’ai beau me dire que tout ça n’était pas mérité, que c’est EUX qui ont un problème avec ça et pas moi, et bien c’est difficile d’effacer cette honte.

 

Alors j’essaie d’en parler, ouvertement, malgré ma gêne et ma honte. Avec un ami (vachement open sur le sujet, coeur sur toi !) et surtout l’Amoureux. Mais je vois bien sur son visage qu’il n’apprécie pas des masses (en même temps, je le comprends, à table ça passe moins bien qu’une conversation sur la météo :D). Il m’a avoué ne pas pouvoir comprendre (c’est un gars pourvu d’organes masculins, après tout), mais qu’il voyait bien que ça me faisait peur. Ca me touche qu’il soit honnête, et compréhensif, même si il ne pige pas tout ce qui peut m’arriver.

 

J’espère que si un jour j’ai une fille, ou si un jour mes petites nièces viennent vers moi pour m’en parler, je saurai trouver les mots, et ne pas les punir pour une chose naturelle que nous vivons (presque) toutes.

 

 

Et toi ma sardine merveilleuse, comment tu vis cette (longue) période de ta vie de femme ? Enfin si tu n’es pas une femme, tu es quand même le bienvenu aussi mon petit hareng saure. Et tu as également droit de parole (et aux bisous).

 
 

Tu le sais peut-être (surement) ma crevette mais Hellocoton a fermé ses portes, alors si tu lis ceci et veut continuer à me lire, un seul moyen (sauf si tu en connais un autre, je suis toutes ouïes dans les commentaires), la Newsletter (regarde à droite)!

 

PS : En fait du coup j’ai aussi ouvert une page Facebook, ça te dit qu’on aille y buller ensemble ? Go par ici !

 

 

♥ Des Poutous de ta Fugu ! ♥

2 Comments

  1. Avatar Ax-L

    Pfiou, violente ton entrée dans la vie de « femme » ! Je fais un câlin virtuel à ton toi de 11 ans et à ton toi de maintenant qui semble en avoir bien besoin aussi <3
    J'ai eu plus de chances que toi de ce côté, même si ce n'était pas un sujet évoqué à table, je savais ce que c'était quand c'est arrivé, je savais où se trouvaient les serviettes (bien en évidence dans les toilettes 😉 ) et la 1ère fois, j'étais toute tourneboulée mais ma maman m'a prise dans ses bras pour me faire un câlin et me dire sa fierté de me voir de venir "grande"
    J'espère avoir été une maman assez open pour mes filles, elles seules pourraient te le dire. J'ai essayé que ce ne soit pas un sujet tabou 😉

    1. Fugu Fugu

      Hey Coucouuuu ! \o/

      Oui j’ai un lourd passif familial avec lequel régler des comptes… xD

      Heureusement que j’ai appris à être bienveillante, aussi envers moi-même.

      Savoir qu’on est aimé, savoir que c’est naturel, savoir qu’on peut en parler et se confier au besoin, c’est tellement important et ça ne demande pas toujours beaucoup d’efforts. Je suis sure que tu as géré avec tes filles ! 😀

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